La plainte

1. Comment porter plainte ?
2. Que mettre dans sa plainte ?
3. Retirer sa plainte ?
4. Suspendre sa plainte ?
5. Que se passe-t'il après le dépôt d'une plainte ?
6. Que devient ma plainte ?
7. Quelles décisions peut prendre le procureur ?

En portant plainte, vous manifestez votre volonté que votre agresseur soit poursuivi par la justice, condamné à une sanction pénale (amende, emprisonnement) et éventuellement à la réparation du préjudice qu'il vous a causé (dommages-intérêts).

Le droit pénal distingue deux types d'infractions :

  • Les infractions poursuivies d'office :
    La Justice poursuit l'infraction dès qu'elle en a connaissance, qu'il y ait plainte ou non. Presque tous les actes de violence sexuelle sont poursuivis d'office. Toutes les infractions sexuelles sur des enfants sont poursuivies d'office.

    Délai de plainte : de 5 à 10 ans.

  • Les infractions poursuivies sur plainte :
    La Justice n'intervient que sur plainte de la victime. Au titre des agressions sexuelles sur des adultes, on citera par exemple l'exhibitionnisme, les attouchements, les paroles obscènes.

    Délai de plainte: 3 mois.

Quel que soit le type d'infraction (poursuivi d'office ou sur plainte), nous vous conseillons de porter plainte le plus tôt possible, au mieux dans les trois mois.

Plus vite vous porterez plainte, plus l’enquête aura des chances d’aboutir (recherche du ou des agresseurs, collecte des preuves…)

1. Comment porter plainte ?


Vous pouvez le faire de deux manières :

  • Auprès de la police, en vous rendant à la Brigade des moeurs, pour Genève au 17-19 boulevard Carl-Vogt, de préférence sur rendez-vous (tél. 022 427 85 71). Il est recommandé d'apporter des preuves si vous en avez (ex: habits, constat médical,...). Indiquez aussi les noms d'éventuel-le-s témoins. Notez le nom de la personne qui vous a entendue, vous pourrez ainsi la recontacter si nécessaire.
    Vous avez le droit d’être entendue par une femme et de vous faire accompagner par une personne de confiance de votre choix.

  • Auprès du Procureur général, par lettre recommandée, pour Genève à l'adresse suivante: Palais de Justice, place du Bourg-de-Four, 1204 Genève.


2. Que mettre dans sa plainte ?


La plainte doit être simple, précise, détaillée. Indiquez:

  • Vos noms et adresse ainsi que ceux de votre agresseur, si vous les connaissez, et des témoins s'il y en a.

  • Les faits tels qu'ils se sont produits (actes commis, date, heure, lieu). Joignez les documents de preuve si vous en avez: constats médicaux, photos, etc.

Pour la rédaction de votre plainte, vous pouvez vous faire aider en vous adressant au Centre LAVI, chez nous, à une consultation juridique ou à un-e avocat-e.


3. Retirer sa plainte ?


Vous pouvez être tentée de retirer votre plainte. Tant que le jugement n'a pas été prononcé, vous en avez le droit.

  • Pour une infraction poursuivie d'office, le retrait de plainte n'entraîne pas, en principe, l'arrêt de la procédure pénale. Mais, dans la pratique, cela risque d'aboutir à un abandon des poursuites. Par ailleurs, si la procédure continue, la victime ne peut plus se constituer partie civile, ce qui est préjudiciable (voir la rubrique "se constituer partie civile").

  • Pour les infractions poursuivies sur plainte, le retrait de la plainte est définitif. Il arrête la poursuite pénale qui ne pourra plus être reprise, alors réfléchissez bien.


4. Suspendre sa plainte ?


Ce n'est possible que pour les infractions poursuivies sur plainte. Plutôt que de retirer votre plainte, demandez qu'elle soit suspendue. Vous gardez le droit de la réactiver si nécessaire. La suspension consiste en quelque sorte à "geler" la plainte.

En cas de nouvelles violences et de nouvelle plainte, l'agresseur sera considéré comme récidiviste.

Adressez votre demande de suspension à la personne qui est en charge du dossier (procureur-e ou juge d'instruction).


5. Que se passe-t'il après le dépôt d'une plainte ?


La police vous entendra puis convoquera votre agresseur et entendra sa version des faits. Elle procédera aux recherches et aux constatations utiles. Elle dressera ensuite un rapport écrit qu'elle transmettra au Procureur général (Parquet). Celui-ci l'examinera et décidera de la suite à donner (poursuites ou classement).


6. Que devient ma plainte ?


Vous pouvez téléphoner au policier ou à la policière qui a enregistré votre plainte. Si celle-ci a été transmise au Procureur général (Parquet), vous pourrez, munie d'une pièce d'identité, obtenir des renseignements au greffe du Parquet.


7. Quelles décisions peut prendre le procureur ?


Le classement: immédiatement ou après enquête de la police, le Procureur peut décider de ne pas donner suite à la plainte, lorsque, par exemple:

  • Les preuves de l'agression sont insuffisantes (l'accusé est toujours présumé innocent, c'est à la plaignante de prouver la réalité des faits s'ils sont contestés);

  • les faits ne constituent pas une infraction ou ne justifient pas une poursuite.

    Recours :
    Si vous n'êtes pas d'accord, demandez la notification écrite de la décision de classement. Vous pourrez alors recourir dans le délai de 10 jours auprès de la Chambre d'accusation (Palais de Justice, place du Bourg-de-Four 1, 1204 Genève). Il est vivement recommandé de faire rédiger le recours par un-e avocat-e.

L'ordonnance de condamnation : Si les faits sont suffisamment établis, le magistrat peut prononcer une ordonnance de condamnation (moins de 6 mois d'emprisonnement).

L'instruction : Si l'enquête doit être approfondie, le Parquet transmet le dossier au/à la juge d'instruction qui inculpe l'auteur et mène une enquête. Il/elle peut ensuite rendre une ordonnance de condamnation ou renvoyer le dossier au Parquet. A ce moment-là, le Parquet décide soit du classement, soit du renvoi en jugement devant le tribunal compétent.

Parcours d'une plainte :