Rassemblement solidaire du 19 octobre 2012

 
 

 

 

 

Viol-Secours dénonce la double violence dont sont victimes les femmes « sans statut légal » lorsqu’elles portent plainte pour violences. La justice, au lieu de sanctionner les agresseurs en les remettant face à la responsabilité de leurs actes, semble actuellement plus pressée de dénoncer les femmes « sans statut légal » auprès de l’Office cantonal de la population.

 C’est pour dénoncer de tels agissements et ne pas demeurer uniquement témoins de ces violences sexistes que l’association organise un rassemblement solidaire, le:


 VENDREDI 19 OCTOBRE 2012 à 16H30

Place du Bourg-de-Four, Genève

 

    


VIOLEUR "REINSERE", VICTIME EXPULSEE: QUELLE JUSTICE POUR QUI?

 

Depuis 26 ans que Viol-Secours lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes, nous avons eu l'occasion de recueillir les récits d'un grand nombre d'entre elles. Cette position nous cantonne parfois dans un rôle de témoin, mais il y a des situations inacceptables que nous voulons rendre publiques. La situation de Madame X en est une qui nous amène à mettre en cause le sexisme et le racisme de la justice étatique.

Madame X a été agressée sexuellement par un homme travaillant dans une organisation caritative, qui a abusé de l'autorité que lui conférait son statut. Elle a porté plainte aux côtés de deux autres femmes agressées par ce même individu, dans l’attente que la Justice participe à sa reconstruction et que cet homme ne soit plus libre d'abuser d'autres femmes. Pendant le procès, l’accusé a nié ses actes et a soutenu que ces trois femmes mentaient. Au final, il a été reconnu coupable de viol, ainsi que de contraintes sexuelles mais n'a été condamné qu'à 24 mois d'emprisonnement avec sursis. Ce sursis a été accordé par une Cour, manifestement soucieuse de la "ré-insertion sociale" de cet homme pour lui permettre de trouver un emploi dans une association genevoise. Par contre, la Justice n'a pas fait preuve d’autant d’attention à l’égard de Madame X: alors que la peine de son agresseur a été adoucie, elle recevait un ordre d'expulsion du territoire suisse, étant auparavant sans statut légal.

L'expérience de Madame X n'est pas isolée et, au delà des attentes de chacun.e envers la Justice d'Etat, ce témoignage impose un positionnement collectif sur les violences institutionnelles qui renforcent  les violences sexuelles.

C'est pourquoi, nous dénonçons une Justice qui signale à l'Office cantonal de la population les femmes sans statut légal qui portent plainte pour violences. C’est pourquoi nous dénonçons également le fait que la Justice rende coupable, encore une fois, les femmes victimes d’agression.   

Nous refusons que le statut non-légal soit un prétexte de plus pour que l'agresseur ne soit pas responsable de ses actes.

Un viol est un moyen d'asseoir son pouvoir. Les violences sexuelles sont inhérentes à la société patriarcale qui les perpétue par de tels jugements !