Viol et contrainte sexuelle

1. Définition
2. Quelques informations et conseils
2.1.Bilan de santé
2.2.Constat médical
2.3.Dépôt de plainte
2.4.Auto-Défense

1.Définition

Le viol est une agression, avec pénétration, contre votre intégrité sexuelle. Il implique toujours une contrainte, qu'elle soit physique (par surprise, recours à la force, usage d'une arme, etc.) ou chimique (emploi d'alcool, de drogue, de médicaments, etc.) ou bien psychologique (chantage, pressions, menaces, emprise, etc.). Le viol n'est pas la réponse à une pulsion sexuelle. C'est un moyen pour l'agresseur de manifester son mépris des femmes, d'affirmer son pouvoir et sa volonté d'humilier l'autre et de se l'approprier. Le viol peut être perpétré par un inconnu comme par un homme connu (connaissance, ami, compagnon, mari, parent). A propos de la contrainte chimique, on recommande une attention toute particulière dans les soirées où circulent diverses substances (ex: le GHB appelé aussi "la drogue du violeur") si des troubles inhabituels ou disproportionnés, surviennent chez vous ou chez une personne de votre entourage.

Céder n’est pas consentir !

 

Après l'agression, vous êtes en état de choc. Il vous est difficile, voire impossible, de faire des démarches et de prendre des décisions. Vous vous sentez coupable et honteuse. Vous avez peur. Vous doutez de vous-même et de la réalité : c'est le contrecoup de l'agression. Le premier soulagement vous viendra en mettant des mots sur ce qui vous arrive, en rompant la peur, le silence et l'enfermement.

Ne restez pas seule avec votre douleur

 

Parlez à une personne de confiance ou appelez si vous êtes à Genève l'Association Viol-Secours (022 345 20 20) ou le Centre LAVI de votre région (à Genève, 022 320 01 02).

 
2.Quelques informations et conseils

 

La priorité est de prendre soin de vous…

 

 

2.1.Bilan de santé

Un bilan de santé vous permettra de faire le point avec l'aide d'un-e professionnel-le. Le plus tôt sera le mieux (de préférence dans les 24 heures) mais une consultation reste utile, même quelques semaines plus tard.

Si, juste après les faits, vous éprouvez des nausées, vertiges, somnolences ou amnésie, n'hésitez pas à faire procéder immédiatement à des prélèvements urinaires et sanguins: les substances que l'on vous a peut-être fait absorber à votre insu sont en général rapidement éliminées.

 

2.2.Constat médical

Le plus indiqué si vous habitez à Genève, est d'aller à la Consultation interdisciplinaire de médecine et de prévention de la violence (CIMPV) où le personnel est particulièrement compétent pour vous recevoir:

CIMPV / Hôpital cantonal Rue Micheli du Crest 24 1205 Genève Tél. 022 372 96 41

En dehors des jours et heures ouvrables, adressez-vous à :

La Policlinique de gynécologie / Maternité Bd de la Cluse 32 1205 Genève. Tél. 022 382 68 16 et demandez qu'une personne de la CIMPV soit appelée.

 

Si vous consultez un-e médecin privé-e, demandez-lui d'établir un constat détaillé sur votre état physique et psychique. Faites établir le constat si possible rapidement et sans vous laver. Jusque-là, conservez, dans un sac en papier de préférence, les vêtements et autres objets qui pourraient garder des traces de l'agression (sperme, sang, salive, cheveux, etc.). Demandez à votre médecin de faire tous les contrôles et prescriptions nécessaires (y compris le test du sida et la "pilule du lendemain" en cas de besoin). Il/elle peut d'ailleurs se faire livrer par la CIMPV un kit complet à cet effet.Le constat ne vous oblige pas à porter plainte mais vous fournira des preuves si vous décidez de le faire plus tard. Il est très important de garder des preuves de l'agression, même si vous n'avez pas l'intention de porter plainte en ce moment.
 
2.3.Dépôt de plainte
 
Vous pouvez déposer une plainte pénale, en vous référant aux articles 189 et 190 du Code pénal suisse: Contrainte sexuelle, art. 189 CPS
  • 1Celui qui, notamment en usant de menace ou de violence envers une personne, en exerçant sur elle des pressions d'ordre psychique ou en la mettant hors d'état de résister l'aura contrainte à subir un acte analogue à l'acte sexuel ou un autre acte d'ordre sexuel, sera puni de la réclusion pour dix ans au plus ou de l'emprisonnement.
     
  • 2L'acte sera poursuivi sur plainte si l'auteur est marié avec la victime et s'il fait ménage commun avec elle. Le droit de porter plainte se prescrit par six mois. L'article 28, 4e alinéa n'est pas applicable.
     
  • 3Si l'auteur a agi avec cruauté, notamment s'il a fait usage d'une arme dangereuse ou d'un autre objet dangereux, la peine sera la réclusion pour trois ans au moins. L'acte est dans tous les cas poursuivi d'office.

Viol, art. 190 CPS

 

  • 1Celui qui, notamment en usant de menace ou de violence, en exerçant sur sa victime des pressions d'ordre psychique ou en la mettant hors d'état de résister, aura contraint une personne de sexe féminin à subir l'acte sexuel, sera puni de la réclusion pour dix ans au plus.
     
  • 2L'acte sera poursuivi sur plainte si l'auteur est marié avec la victime et s'il fait ménage commun avec elle. Le droit de porter plainte se prescrit par six mois. L'article 28, 4e alinéa n'est pas applicable.
     
  • 3Si l'auteur a agi avec cruauté, notamment s'il a fait usage d'une arme dangereuse ou d'un autre objet dangereux, la peine sera la réclusion pour trois ans au moins. L'acte est dans tous les cas poursuivi d'office.

Il est fortement recommandé de déposer plainte le plus rapidement possible, car plus le temps passe et plus les preuves risquent de disparaître. Si vous hésitez à le faire, comme la majorité des femmes qui ont été violées, l'Association Viol-Secours à Genève ou le Centre LAVI de votre région peuvent vous aider à prendre une décision.

 

Il existe en Suisse une loi sur l'aide aux victimes d'infractions (LAVI). Cette loi vous donne des droits en tant que victime.

 

 

Le Centre LAVI (à Genève, tél. 022 320 01 02) offre un accompagnement dans toutes vos démarches, une aide pour rédiger une plainte ou pour introduire une demande d'indemnisation et de réparation pour tort moral, des contacts avec des avocat-e-s ou des thérapeutes spécialisé-e-s dans la problématique des violences contre les femmes. Il peut également vous octroyer une aide financière immédiate et prendre en charge des frais à plus long terme: une consultation juridique, des séances de psychothérapie, un cours d'auto-défense. Dans une procédure pénale, la LAVI vous autorise à :

 

  • être reçue par une femme, inspectrice de police ou juge;
  • ne pas répondre à des questions concernant votre sphère intime;
  • refuser d'être confrontée à votre agresseur;
  • être accompagnée d'une personne de confiance dans vos démarches
    légales;
  • exiger le huis clos.
L'Instance d'indemnisation LAVI peut vous octroyer des dommages-intérêts et une réparation pour tort moral, indépendamment d'une plainte.

 

Vous pouvez en faire la demande dans les deux ans qui suivent l'infraction. L'association Viol-Secours et le Centre LAVI peuvent vous aider à rédiger votre demande.

 

 
2.4.Auto-Défense
 
L'auto-défense est un bon moyen pour reprendre confiance et surmonter la peur. Deux méthodes sont particulièrement conseillées, elles apprennent à désamorcer les blocages et la peur. Fem do chi : méthode mise au point par des femmes pour les femmes. Elle permet de révéler en vous un potentiel de force et de puissance que vous ne soupçonniez pas ainsi que vos ressources de défense et la manière de les utiliser. Fight back : techniques spécifiques pour les femmes, développées par un expert américain en arts martiaux.

Quand on est totalement bouleversée, il est difficile de demander de l'aide et de frapper à la bonne porte.

Nous espérons que ces quelques pistes vous y aideront.