ACCUEIL L’ASSOCIATION DOCUMENTATION GROUPES FEM DO CHI DOSSIER DE PRESSE ADRESSES UTILES NOUS CONTACTER

Prise de parole de Viol-Secours à l'occasion de la manifestation du 20 septembre 2018 pour le dépôt de la pétition « Que la honte change de camp ! » au Grand Conseil.

Aujourd’hui, 20 septembre, à 16h la pétition QUE LA HONTE CHANGE DE CAMP ! a été déposée auprès du Grand conseil genevois.

La pétition a été lancée le 8 mars dernier par les associations Viol-secours et 2eme Observatoire.

2’467 signatures individuelles et 36 associations et collectifs pour demander, pour exiger, des autorités genevoises des engagements politiques concrets contre les violences sexistes et sexuelles.

On parle ici de harcèlement sexuel, on parle d’agression sexuelle, on parle de viol.

...et parce que les violences sexistes et sexuelles ne sont pas, comme on peut parfois l’entendre, des violences « gratuites » ou exceptionnelles, des violences commises sous le coup de l’impulsion par quelques psychopathes de passage, mais parce que ce sont des violences qui émanent de la culture patriarcale qui d’un coté la produit et de l’autree les légitime.

et parce que les violences sexistes et sexuelles sont un produit du sexisme ordinaire tel qu’il s’apprend jour après jour, à l’école, dans les insttutions, dans les rapports professionnels, dans les rapports sociaux et familiaux, nous demandons que la culture du sexisme soit reconnue comme faisant partie de notre réalité sociale, politique et juridique. Dans ce sens, seule une approche qui prendra en compte le phénomène de la violence d’un point de vue structurel sera efficace.

ainsi,

et enfin

au niveau juridique, car il est indispensable que Genève se dote, enfin, d’une loi sur le sexisme ainsi que de mesures pour simplifier le dépôt de plainte.

Voilà, ici résumé, ce que demandent les 2'467 signataires de cette pétition, les 36 associations et collectifs et voilà ce que, ensemble, aujourd’hui, nous demandons au Conseil d’Etat genevois et de toute urgence.

Parce que ça suffit !

Ca suffit de risquer d’être frôlée, touchée, pelotée, sifflée, harcelée, mobbée, insultée ou tabassée au travail, à l’école, dans la rue, à la maison...

Ca suffit d’être moins bien payée, déclassée, au seul prétexte de son identité de genre ou de son orientation sexuelle.

C’est une question d’égalité

or,

L’égalité est une pratique.

L’égalité est une action.

L’égalité est une manière de vivre.

C’est une pratique sociale.

C’est une pratique économique.

c’est une pratique sexuelle.

Il ne suffit pas de penser égalité pour la faire vivre.

et en aucune manière, l’égalité ne peut et ne pourra coexister avec une culture du viol ancrée dans la haine du féminin.

En ce sens, créer l’égalité est un incontournable politique.

Merci

Viol-secours.
Hélène Upjohn


 Télécharger la pétition



Prise de parole de Slutwalk Suisse à l’occasion de la manifestation du 22 septembre 2018 « Que la honte change de camp ! ».

Les violences sexistes et sexuelles en Suisse ne sont quasiment pas thématisées, ou, quand c’est le cas, trop souvent utilisées à des fins classistes et racistes. La thématique du harcèlement de rue à la cote dans les médias et auprès des politiques et monopolise les espaces d’actions par rapport aux autres violences sexistes et sexuelles, permettant ainsi aux autorités de justifier une présence policière accrue et une stigmatisation des personnes selon des critères racistes et classistes : la lutte contre le harcèlement de rue devient ainsi un outil d’état raciste.

Cette mise en avant invisibilise de fait les autres formes de violences sexistes et sexuelles, qui ne sont pas nommées, pas considérées. Elles sont le plus souvent individualisées ce qui empêche de les déconstruire comme l’outil d’un système pourtant bel et bien existant : le blanc-cis-hétéro-patriarca-capitalisme. Le harcèlement au travail, les violences conjugales, la culture du viol, les violences liées au genre, l’hypersexualisation des femmes racisées, les lgbtqiphobies, l’islamophobie, ainsi que toutes ces violences qui ne peuvent pas être dites et qui n’ont pas de nom, de même que l’intersection de ces violences, sont banalisées, individualisées et tues alors qu’elles auraient tout d’abord besoin d’êtres nommées et visibilisées afin d’être combattues selon une perspective féministe.

Nous dénonçons également la définition juridique du viol qui le limite à une pénétration coïtale subie par « une personne de sexe féminin », les autres formes de pénétration étant considérées comme des « contraintes sexuelles ». Cette hiérarchisation contribue fortement à invisibiliser ces violences car lors de plaintes ou de déclaration des faits, si l’acte ne correspond pas à cette définition juridique alors le viol ne sera pas retenu. Nous soutenons que seule.x.s les victime.x.s/survivant.e.x.s d’une agression sont en mesure de définir si ielles ont été violé.e.x.s car la seule chose à prendre en considération est bien le consentement de la victime.x/survivant.e.x et non l’action de l’agresseur.

Les violences sexistes et sexuelles sont quotidiennes…pourquoi alors n’en entend-on nous pas parler si ce n’est dans les faits divers du 20 minutes ? Si elles sont aussi présentes dans la société, pourquoi, paradoxalement, sont-elles aussi invisibles ? Parce que les mécanismes qui construisent et entretiennent la culture du viol ne se limitent pas à l’agression en tant que telle mais font partie d’un outil, individuel et collectif, de domination et de contrôle social qui bénéficie à l’ensemble des hommes cisgenres. Cet outil n’a de cesse de remettre en question la parole des victim.e.x.s/survivant.e.x.s, de silencier leurs témoignages, de minimiser leurs vécus, de les faire vivre dans le doute, la peur et la culpabilité, de protéger et d’excuser leurs agresseurs. Par exemple, encore aujourd’hui, beaucoup estiment que la responsabilité du violeur est atténuée si la victime.x/survivant.e.x a eu une attitude dite provocante en public ou était habillé.e.x dans une tenue dite sexy. Que ce soit par la police si iels choisissent de porter plainte, par leur entourage, par le corps médical, par leurs employeureuses, par certaines associations aussi, iels se retrouvent confronté.e.x.s a des jugements qui les remettent en cause iels au lieu de leur agresseur. Puisqu’il faut encore le rappeler, il n’y a qu’un seul coupable et c’est bien l’agresseur.

Il est aujourd’hui primordial de proposer des espaces de réflexions et de militances féministes qui déconstruisent cette culpabilisation systématique et qui affirment qu’aucune femme ou personne MOGAI ne « mérite » de subir du sexisme, du harcèlement, des agressions et des violences sexuelles, quel que soit son comportement, son origine, son genre, son expression de genre, son orientation sexuelle, son apparence ou son mode de vie.

Enfin, nous demandons une vraie politique étatique qui se responsabilise quant à sa participation aux violences sexistes et sexuelles systémiques en commençant notamment par mettre à disposition des associations et collectifs féministes de terrain de réels moyens de prendre en charge les conséquences des lacunes institutionnelles.

Besoin de soutien ?


Permanence téléphonique

+41 (0)22 345 20 20

Place des Charmilles 3
1203 Genève (Suisse)

Code d’immeuble :
33432

info@viol-secours.ch
www.viol-secours.ch